La stabilité politique en Tunisie et la gestion de la crise sanitaire de Covid-19

La stabilité politique aujourd’hui devient une nécessité, une condition impérative pour le développement d’un Etat. En effet, le pouvoir politique tente de résoudre le problème de déstabilisation.

Plusieurs circonstances laissent la Tunisie dans cette situation du « chaos » : dégradation économique, crise sociale (chômage, pauvreté…), crise politique (au sein du parlement notamment), et une crise sanitaire celle du Covid-19 à partir du mars 2020[1].

En effet, la question de la stabilité politique est marquante dans le monde contemporain. Dès lors, il est nécessaire de donner une notion à « la stabilité » :

« 1- La stabilité comprise comme l’absence de la menace réelle d’une violence illégitime ou la présence des possibilités étatiques de les éliminer;

2.            La stabilité est un fonctionnement d’un gouvernement dans pendant longtemps, son savoir-faire supposant, par conséquence, adaptation successive aux réalités variantes. On ne peut pas être d’accord avec cela, puisque le passage de la stabilité vers l’instabilité peut être expliqué à peine seulement par la chute de n’importe quel gouvernement;

3.            La présence d’un ordre constitutionnel peut être compris comme le facteur définitif de la stabilité dans les pays démocratiques;

4.            La stabilité comme la conséquence du pouvoir public légitime;

5.            La stabilité comme l’absence des changements structurels dans le système politique ou comme la possibilité de les diriger;

6.            La stabilité comme le comportement ou un attribut social. Dans ce cas elle peut être assimilée à la situation sociale où les membres de la société se limitent par les normes sociales comprenant que chaque dérogation de la norme peut amener à la déstabilité »[2].

En général, la stabilité concerne essentiellement la société, c’est la capacité des acteurs de la vie socio-économique à résister aux influenceurs intérieurs et extérieurs qui désorganisent le système.

La démocratie tunisienne naissante est besoin d’être accélérée, on remarque une évolution des institutions politiques, et la transition économique tarde toujours à émerger. Ainsi, pour relancer la croissance et répondre aux besoins socio-économiques de la société nouvelle.

L’instabilité politique en Tunisie s’est influencée dans la situation régionale :

·        La situation en Lybie, le conflit entre l’Egypte et l’Ethiopie…

Au niveau interne : crise politique, situation sociale précaire, évolution du taux de chômage…

Une étude sur « l’impact économique de la pandémie de la covid-19 » sur l’économie tunisienne pour l’année 2020 menée conjointement par le ministère du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale et le programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a analysé la situation de l’économie tunisienne après la crise du covid-19. En revanche, la question qui se pose à ce niveau :

Est-ce que la stabilité politique est nécessaire pour la prochaine période ?

La réponse ne peut être que positive à notre avis. Tout événement politique peut affecter tous les domaines, d’où peut aider à gérer une crise ou au dédoublement de cette crise.

  Un parlement fragmenté :

Après la mort du président de la République Beji Caid Essebsi le 25 Juillet 2019, les tunisiens ont été appelés à se rendre aux urnes pour les élections législatives qui se sont programmées en septembre 2019, puis présidentielles en Octobre.

Pour les élections législatives et contrairement à celles de 2014, aucune coalition ne s’est dégagée, faisant du parlement tunisien un organe émietté sans consensus évident[3].

Ajoutons une nouvelle classe politique dite « souverainiste » à l’agenda flou.

Mais encore, l’Etat depuis 2011 a été affaibli en termes économiques essentiellement. Cet affaiblissement s’est ressentie jusqu’à l’assemblée nationale.

Après le rejet du gouvernement Habib Jemli, c’est Elyes Fakhfakh qui a fini par obtenir la confiance de l’Assemblée nationale le 26 Février 2020. Puis le gouvernement du Hichem Mechichi à partir de ce mois de Septembre.

Une situation critique du gouvernement Fakhfakh :

Suite à la nomination d’un nouveau gouvernement, la Tunisie comme la planète entière, se trouve face à une pandémie du Covid-19 qui a eu un effet dévastateur tant sur le plan sanitaire qu’économique et social.

Cette année 2020 connaîtra la pire récession économique depuis la deuxième guerre mondiale et un recul du développement humain. D’où tous les efforts du gouvernement Fakhfakh ont été orientés vers la question sanitaire dans un seul objectif : la maîtrise de la contamination avec la moindre des dégâts humains surtout.

En effet, le Covid-19 a coûté trois milliards de dinars, le prix des mesures économiques et sociales d’accompagnement et de soutien des ménages, des entreprises, des salariés et de population pauvre et fragile, décidées en urgence par l’Etat tunisien, selon Mr Selim Azzabi, le ministre du développement, de l’investissement et de la coopération internationale dans le rapport du PNUD en Tunisie.

Ce même rapport a exposé « l’impact économique du Covid-19 en Tunisie ».

La crise de covid-19 a changé plusieurs données sur tous les niveaux : politique, économique et sociale.

Les mesures exceptionnelles prises:

Au niveau macroéconomique, la croissance économique est estimé de -4,4% comparativement à une croissance initialement prévue dans le cadre la loi de finances 2020, de 2,7%.

Les facteurs qui sont à l’origine de ce recul de croissance sont presque clairs : une baisse de la demande, une réduction de la consommation, une réduction de la demande extérieure pour certains secteurs exportateurs, l’impact sur les prix (augmentation ou baisse).

Par ailleurs, la baisse de la production a engendré une diminution de la demande du facteur du travail et bien sûr une augmentation du chômage.

Selon le rapport « il est attendu une aggravation du chômage dont le taux passerait de 15% (scénario de référence) à 21,6%, ce qui correspond à près de 274500 nouveaux chômeurs ».

Le même rapport ajoute : « le confinement décidé pour limiter la propagation de la pandémie Covid-19 risque d’engendrer une augmentation du taux de chômage à 21,6% (contre 15% actuellement) ».  

Le taux de chômage va augmenter donc, mais la Tunisie n’est seule. Dans son nouveau rapport, l’OIT attire l’attention sur le fait que le nombre d’heures de travail perdues dans le monde au cours du premier semestre 2020 est largement supérieur à ce qui a avait été prévu. Et selon l’Observatoire de l’OIT : la covid-19 et le monde du travail. Cinquième édition, le nombre d’heures travaillées dans le monde au deuxième trimestre 2020 a chuté de 14%, ce qui équivaut à 400 millions d’emplois à temps plein (sur la base d’une durée hebdomadaire de travail de 48 heures). Ce pourcentage constitue une nette détérioration par rapport aux estimations du précédent Observatoire (publié le 27 mai), qui prévoyait une baisse de 10,7% (305 millions d’emplois)[4].

Au niveau régional, les pertes d’heures de travail au cours du deuxième trimestre étaient de 18,3% dans les Amériques ; 13,9% en Europe et en Asie centrale ; 13,5% en Asie et dans le Pacifique ; 13,2% dans les Etats arabes ; et 12,1% en Afrique[5][6].

Dans tous les cas, l’observatoire indique que le second semestre de 2020 va être décisif dans la précision de la trajectoire future de la pandémie et des choix politiques des pouvoirs publics.

Le nombre des personnes sous le seuil de la pauvreté va augmenter aussi : 2 millions contre 1,6 millions actuellement.

Cette pauvreté a affecté principalement : d’une part, le secteur du tourisme. D’autre part, la femme. En effet, les femmes ont été davantage exposées que les hommes aux risques d’appauvrissement, et en termes de violence domestique et économique, car elles étaient la première ligne de licenciement.

La perte de revenu aura un impact aussi sur les conditions et le niveau de vie. Ce virus accentuerait la fragilité de certains secteurs d’activité.

Le rapport du PNUD, fait signe à la récession économique. Qui signifie en économie : « une période de diminution passagère de l’activité économique. La définition est variable s’un pays à l’autre. Pour certains, comme aux Etats-Unis, elle est définie comme une période d’au moins deux trimestres consécutifs avec une baisse du PIB (produit intérieur brut). Dans d’autres pays, on parle de récession dès qu’il y a un ralentissement de la croissance c’est-à-dire une baisse des taux de croissance, même s’ils restent positifs. Une récession est globale lorsqu’elle touche à la fois la production industrielle, le commerce à travers les échanges internationaux, l’emploi, le niveau des revenus ainsi que la consommation des ménages.

La récession est l’une des phases du cycle économique dans le système capitaliste : expansion, crise, récession, reprise.

La récession se distingue de la dépression où la diminution du PIB est durable et où l’activité économique ne se redresse pas naturellement »[7].

La récession économique prévue « se traduirait par une baisse des recettes fiscales ». Le rapport présente l’exemple des impôts indirects : « ils passeront d’une croissance de 11% environ prévue dans la loi de finances 2020, à 1,5% pour le scénario de crise.

Ce nouveau gouvernement de Mr Mechchi se trouve obligé à contrer une situation économique grave et face à une dont une deuxième vague de la pandémie dont ses résultats sont inconnus jusqu’à aujourd’hui.

[1] La déclaration du premier cas de covid-19 en Tunisie le 2 mars 2020 et d’après le décret gouvernemental n°2020-152 du 13 mars 2020.

[2] http://www.rusnauka.com/13_NMN_2011/Politologia/3_86132.doc.htm

[3] Les deux formations en tête, Ennahdha 54 sièges soit 24% et Qalb Tounes 38 sièges sur un total de 217 soit 17,5%.

[4] https://news.un.org/fr/story/2020/06/1072102

[5] Ibid.

[6] Voir aussi : https://news.un.org/fr/story/2020/03/1064322

[7] http://www.toupie.org/Dictionnaire/Recession.htm

Published by amal.haouas

A Tunisian law student* legal writer* book lover* multilingual. And yeah, sometimes my name is Amel!

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